Le duvet peigné de baby yak, une alternative vitale au cachemire

June 17, 2016

Dans des conditions extrêmes, afin de préserver leurs revenus, leurs traditions et leurs écosystèmes, les Éleveurs de Yaks du Massif du Khangaï  produisent depuis 2010, selon une démarche équitable, l’une des fibres les plus douces : le Duvet peigné de Baby Yak.

 

Le duvet peigné de baby yak de la coopérative « Arvidjin Ar Delgerekh» est une laine d’exception extra fine, à la douceur exceptionnelle. Remarquable pour ses qualités de chaleur, d’isolation et sa résistance au boulochage, nous vous proposons ce fil uniquement dans ses couleurs naturelles, sans traitement chimique.

 

Le duvet peigné de baby yak c’est aussi un projet rare, rassemblant les éleveurs nomades, l’ONG Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) et la filature française Fonty. L’originalité est de mettre en place un système d’échange qui se propose de créer une valeur ajoutée aussi bien pour les éleveurs Mongols que pour les entreprises européennes, dans un cadre équitable et respectueux de l’environnement.

 

 Retrouvez toutes nos pelotes de duvet de baby yak dans la boutique

 

 

 

CONTEXTE : Les éleveurs mongols face à la crise

 

 

Depuis 1991 et la fin de l’URSS, les éleveurs mongols ont été confrontés à de nombreux défis auxquels ils n’étaient pas préparés : la mondialisation de l’économie, les changements climatiques, la privatisation généralisée des biens et des services. Dans ce contexte, ils parviennent difficilement aujourd’hui encore à valoriser leurs produits pour un revenu leur permettant de poursuivre leur activité dans des conditions décentes et c’est tout leur mode de vie nomade qui se retrouve menacé.

 

Les raisons : dzud, chèvre cachemire et surpâturage

 

L'ouverture des frontières et l'explosion du marché à l'export de la fibre cachemire ont poussé les éleveurs à accroitre la proportion de chèvres dans leur troupeau, jusqu'à 90% du cheptel total, ce qui a entrainé une crise grave de surpâturage. Le mode de broutage de la chèvre (arrachage des plantes et herbes), associé au réchauffement climatique, ont ainsi mis en danger les écosystèmes mongols. Même conscients des risques environnementaux, le cachemire était le seul produit à avoir un cours élevé (dorénavant en baisse), une demande forte et un système de collecte en province, ce qui laissait peu d’alternatives aux éleveurs.

 

Les défis logistiques (temps, distances, qualité des pistes, etc.) font que les éleveurs n’ont pas d’accès aisé aux centres économiques. Ils dépendent de collecteurs qui imposent les prix et la demande.

 

De plus, les chèvres sont particulièrement sensibles aux « dzuds » (catastrophes climatiques) : des hivers très rudes avec des températures descendant jusqu’à -50°. Début 2000, trois hivers de dzud à la suite ont résulté en une perte totale de 11 millions de têtes, exposant des milliers de familles au risque d’insécurité alimentaire.

 

 

 Signe distinctif des yaks de la région, ils n'ont pas de cornes

 

 

LE DUVET PEIGNE DE BABY YAK : une réponse efficace, durable et équitable

 

 

C’est dans ce contexte qu’Agronomes et Vétérinaires sans Frontières (AVSF) a décidé de soutenir la coopérative « Arvidjin Ar Delgerekh » en les aidant à développer l’export des laines de yak.

 

Objectifs :

  • Offrir aux éleveurs une alternative au cachemire grâce à un prix d’achat de la matière première supérieure à celui du marché local.

  • Développer la qualité, la quantité et la diversification des productions de la Coopérative.

  • Mettre en place une gestion commune et durable des ressources naturelles.

  • Renforcer les capacités commerciales et organisationnelles.

 

Une race de Yak multifonction, en harmonie avec son territoire

 

Les Yaks de race « Bor Gruniens », élevés au sein de la Coopérative, ont la capacité de produire une fibre particulière, le duvet ou sous poil, qui isole l’animal pendant la saison froide. Les Yaks perdent naturellement ce duvet à la fin de l’hiver et une nouvelle couche isolante se développe dès la fin des beaux jours. Les Yaks des Montagnes du Khangaï vivent en altitude, au‐dessus de 2000 mètres, et ils doivent résister à des températures hivernales particulièrement basses, ce qui explique que leur duvet soit reconnu pour ses qualités isolantes. Ils s’alimentent naturellement en broutant les espèces végétales des hautes montagnes, assurent des fonctions multiples (Duvets, laitages, viandes, transports) et sont majoritairement sans cornes (contrairement aux yaks des pays voisins). Ces Yaks et leur territoire sont en harmonie pour mettre en œuvre une démarche qualitative.

 

Des éleveurs experts du peignage et 90 gr. de duvet premium par yak

 

Pour assurer la meilleure qualité de duvet possible, les éleveurs sélectionnent les animaux ayant le meilleur duvet, en particulier les « Bero » et « Chudlin » (yaks de 1 et 2 ans). La récolte des fibres se fait exclusivement par peignage, en tenant compte du bien‐être des animaux qui ne doivent pas être maintenus couchés au sol de force, mais plutôt peignés debout avec un stress minimum : des éleveurs et une culture en harmonie avec les contraintes d’une économie de marché.

 

La technique « par peignage » de récolte du Duvet, qui respecte l’animal et optimise la sélection des fibres est indissociable de la Philosophie des Éleveurs de la Coopérative du Khangaï (avec le support constant d’Agronomes et Vétérinaires sans Frontières). Le rendement est faible pour que la qualité soit optimum. Une fois le Duvet sélectionné, lavé et éjarré seulement 30 % seront obtenus pour être validé à l’exportation, soit 90 gr. par yak.

 

 

 

 Se faire gratter le dos toute la journée, le peignage à la main à du bon pour les yaks

 

 

 

Des éleveurs engagés et responsables vis-à-vis de leurs écosystèmes

 

Les éleveurs continuent à pratiquer un pastoralisme nomade ou semi‐nomade qui dépend des pâturages et des nécessités animales. Les éleveurs qui se sont engagés dans le voie du Duvet Peigné (Yaks et Baby Yaks) au sein de la Coopérative on fait un choix responsable à 3 titres : choix de l’anticipation vis‐à‐vis de leur écosystème et de futurs changements climatiques ; choix volontaire d’association en communauté d’intérêts pour toutes les étapes d’une filière ; choix économique en acceptant, dans un cadre transparent et équitable, d’encaisser des bénéfices complémentaires seulement en fin de campagne commerciale.

 

La mobilité des éleveurs fait partie des moyens les plus efficaces, pour protéger des dégradations les zones de pâturage. Elle permet en outre d’entretenir la culture du pastoralisme nomade.

 

Un encadrement sanitaire, logistique, stratégique et commercial

 

Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) agit depuis 2004 en Mongolie avec ses professionnels de l’agriculture et de l‘élevage pour la Fédération des Éleveurs de l’Arkhangaï et pour les Éleveurs de Yaks du Massif du Khangaï. AVSF forme les éleveurs nomades aux soins vétérinaires de base et travaille également avec ceux‐ci sur la gestion durable des ressources pastorales, sur les techniques de peignage, sur l’organisation logistique, sur la transformation et la commercialisation des produits de leur élevage. C’est aussi grâce à cet encadrement que s’affirment toutes les qualités du Duvet de Yak des Eleveurs du Khangaï.

 

Les contrôles qualité sont systématiques à chaque phase de la réalisation des Duvets jusqu’à leur exportation. Les transformateurs européens partenaires et les clients de la Coopérative, partagent et appliquent ses valeurs ; pour ces raisons les productions (fils, tissus, produits finis) réalisées avec ces Duvets sont identifiées avec le signe d’Origine de la Coopérative ; c’est l’expression de son savoir‐faire, de son engagement Qualité, de la garantie d’Origine.

 

 

BÉNÉFICIAIRES

 

 

Ces éleveurs de Yaks sont membres de la « Coopérative Ar Arvidjin Delgerekh », seule Coopérative mongole à cumuler Philosophie Equitable, respect des écosystèmes, expertise du peignage des Yaks, démarche qualité (en alternative au cachemire) et exportation : cette coopérative voit ses effectifs croître, passant de 70 membres en 2010 à plus de 130 membres aujourd’hui, pour rapidement approcher les 200 adhérents. Chaque membre est le représentant d’un Khot Ail, c’est‐à‐dire une famille étendue (parents proches et éloignés) qui se rapproche d’un clan familial. Chaque membre de la coopérative apporte donc les fibres du troupeau du Khot Ail, ce qui représente en moyenne 3,5 familles. Le nombre total de familles bénéficiaires de ce projet est donc aujourd’hui estimé à plus de 455, et devrait s’étendre jusqu’à environ 700 familles. Un tournant considérable pour toute cette région et un exemple pour tous les éleveurs nomades de la Mongolie.

 

Parmi ces membres, un groupe de femmes est directement concerné par l’activité filage ; elle permet non seulement un complément de revenu pendant la période hivernale (moment où les activités d’élevage sont moindres), mais aussi une position renforcée des femmes dans la gouvernance de la coopérative.

 

 Une faible partie du filage s'effectue à la main, un travail d'exception

 

 

 

 

Sources : Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières. Photos publiées avec l'autorisation de la coopérative « Arvidjin Ar Delgerekh »

 

 

 

 

 

 

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